Aller au contenu principal
Fermer

Corée du Sud: l'ex-président Yoon condamné à cinq ans de prison dans un premier procès
information fournie par AFP 16/01/2026 à 09:21

Dans une allocution télévisée à la nation, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol impose la loi martiale, le 3 décembre 2024 ( AFP / Jung Yeon-je )

Dans une allocution télévisée à la nation, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol impose la loi martiale, le 3 décembre 2024 ( AFP / Jung Yeon-je )

Un tribunal sud-coréen a condamné vendredi l'ex-président Yoon Suk Yeol à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir, première décision pénale d'une série à venir à la suite de sa tentative ratée d'instaurer la loi martiale fin 2024.

Un peu plus d'un an après son coup de force contre le Parlement, qui avait provoqué une grave crise politique aboutissant à sa destitution, l'ancien dirigeant conservateur de 65 ans s'est vu infliger une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait réclamé dix ans de prison.

Après l’annonce du verdict, ses partisans rassemblés devant le tribunal sont restés silencieux pendant plusieurs minutes avant de se mettre à scander : "Yoon, encore!"

Des partisans de l'ex-président sud-coréen Yoon Suk Yeol manifestent devant le tribunal du district central de Séoul, le 16 janvier 2026 ( AFP / Jung Yeon-je )

Des partisans de l'ex-président sud-coréen Yoon Suk Yeol manifestent devant le tribunal du district central de Séoul, le 16 janvier 2026 ( AFP / Jung Yeon-je )

Lui-même ancien procureur star, Yoon Suk Yeol fait face à sept autres procès dont le principal, pour insurrection, pourrait lui valoir la peine de mort.

Vendredi, le tribunal du district central de Séoul s'est prononcé sur un des multiples volets secondaires de l'affaire qui a plongé le pays dans plusieurs mois de manifestations massives et d'instabilité politique.

Il était reproché à M. Yoon d'avoir exclu des membres du gouvernement d'une réunion sur la préparation de l'instauration de la loi martiale, ainsi que d'avoir empêché les enquêteurs de l'arrêter.

Selon le président du tribunal, Baek Dae-hyun, M. Yoon a abusé de son pouvoir en dressant les responsables du Service de sécurité présidentielle contre l’État et en les utilisant comme ses "gardes personnels" au service de "sa propre sécurité et de ses intérêts privés".

M. Yoon s'était retranché pendant des semaines dans sa résidence de Séoul sous la protection de sa garde rapprochée, faisant même échouer un premier raid.

Des centaines de policiers entrent en force dans la résidence du président Yoon Suk Yeol pour l'arrêter, le 15 janvier 2025 à Séoul ( AFP / ANTHONY WALLACE )

Des centaines de policiers entrent en force dans la résidence du président Yoon Suk Yeol pour l'arrêter, le 15 janvier 2025 à Séoul ( AFP / ANTHONY WALLACE )

Il avait finalement été interpellé en janvier de l'année dernière lors d'un assaut musclé durant plusieurs heures. Il était devenu alors le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté et placé derrière les barreaux.

"Bien qu'il ait eu le devoir, avant tout autre, de faire respecter la Constitution et l'Etat de droit en tant que président, l'accusé a au contraire affiché une attitude qui méprisait la Constitution", a poursuivi M. Baek Dae-hyun, en rendant son jugement.

"La culpabilité de l'accusé est extrêmement grave", a-t-il ajouté.

- Parlement cerné -

A l'origine de cette crise, la soirée du 3 décembre 2024, quand Yoon Suk Yeol avait sidéré le pays en annonçant à la télévision l'imposition de la loi martiale, envoyant des troupes au Parlement pour le museler.

Il avait fait marche arrière quelques heures plus tard, un nombre suffisant de députés ayant réussi à se faufiler dans l'hémicycle cerné par les soldats pour voter la suspension de son décret.

M. Yoon avait justifié la loi martiale, une mesure sans précédent en Corée du Sud depuis les dictatures militaires des années 1980, par le fait que le Parlement contrôlé par l'opposition bloquait le budget.

Dans son allocution télévisée, il avait affirmé agir pour protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" et "éliminer les éléments hostiles à l'Etat".

Il a finalement été destitué par la Cour constitutionnelle en avril dernier, déclenchant une présidentielle anticipée remportée par Lee Jae Myung, issu de l'opposition de gauche.

Yoon Suk Yeol dispose de sept jours pour faire appel.

Les ennuis judiciaires sont loin d'être terminés pour l'ex-dirigeant et son entourage.

L'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol, le 9 juillet 2025 à Séoul ( POOL / KIM HONG-JI )

L'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol, le 9 juillet 2025 à Séoul ( POOL / KIM HONG-JI )

Dans son procès, distinct, pour insurrection, le parquet a demandé mardi la peine de mort, toujours en vigueur en Corée du Sud, même si aucune exécution n'a eu lieu depuis 1997.

Le verdict est attendu le 19 février.

Dans sa dernière déclaration avant la mise en délibéré, l'ancien président a affirmé avoir simplement fait usage de ses prérogatives légales de chef de l'Etat.

"Il ne s'agissait pas d'une dictature militaire réprimant les citoyens, mais d'un effort pour sauvegarder la liberté et la souveraineté, et pour renforcer l'ordre constitutionnel", a-t-il dit selon l'agence de presse Yonhap.

Dans une autre procédure, l'ex-président est accusé par le parquet d'avoir provoqué la Corée du Nord en ordonnant l'envoi de drones au-dessus de Pyongyang dans l'espoir de déclencher une réaction du pays voisin qui aurait justifié l'imposition de la loi martiale.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Une experte travaille sur ses écrans dans la salle des opérations des marchés au comptant de NYSE Euronext à Paris
    information fournie par Reuters 16.01.2026 12:21 

    Les marchés auront beaucoup à digérer au cours de la semaine à venir, alors que le début trépidant du mois de janvier se poursuit à un rythme soutenu, avec l'apparition du président américain Donald Trump au Forum économique mondial de Davos en ligne de mire. La ... Lire la suite

  • Rachel Kéké, ancienne femme de chambre et députée, candidate La France insoumise (LFI) à la mairie de sa ville de Chevilly-Larue (Val-de-Marne), à Aubervilliers, le 25 mai 2024 durant la campagne pour les élections européennes ( AFP / JULIEN DE ROSA )
    information fournie par AFP 16.01.2026 11:55 

    L'ancienne députée de La France insoumise Rachel Kéké, élue à l'Assemblée entre 2022 et 2024, a annoncé vendredi qu'elle se présentait aux élections municipales de mars dans sa ville de Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne, pour notamment défier un maire sortant ... Lire la suite

  • L'Afghan Farhad N., le visage caché derrière un dossier, arrive au tribunal avec son avocat Omer Sahinci (g), le 16 janvier 2026 à Munich, pour le début de son procès pour avoir foncé en voiture dans la foule à Munich en 2025  ( AFP / Michaela Stache )
    information fournie par AFP 16.01.2026 11:55 

    Le procès d'un jeune Afghan qui avait foncé avec une voiture sur un cortège syndical début 2025 à Munich, faisant deux morts et une quarantaine de blessés, s'est ouvert vendredi matin dans cette ville allemande, l'accusation lui attribuant des motivations islamistes. ... Lire la suite

  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 14 janvier 2026 ( AFP / Alain JOCARD )
    information fournie par AFP 16.01.2026 11:51 

    Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance. Il s'exprimera "en fin de journée ... Lire la suite

Pages les plus populaires